Jolie môme
Ah, Jolie môme…
Encore aujourd’hui, beaucoup s’en souviennent. Sympa, sautillant, primesautier. Jolie môme, un hommage à la beauté innocente.
Bon. Et si on grattait un peu ?
« T’es toute nue sous ton pull, y a la rue qu’est maboul. »
D’accord. On commence à imaginer la nana. Et manifestement, la rue aussi.
Ferré continue. Elle est jolie, elle est môme, elle est violette, violon, violente…
Joli numéro de mots.
Et puis... « qu’on violente et c’est bon ».
Ah.
Et puis « t'es qu'une fleur de printemps qui se fout de tout, une vamp qu'on éteint, une fleur de passe-temps, une histoire d'amour qu'on entoile. »
On a connu déclaration d’amour et d'estime plus délicate.
Le plus drôle, si l’on peut dire, c’est que Jolie môme sera beaucoup chantée par des femmes. Juliette Gréco notamment, qui ne semblait pourtant pas avoir le profil de la jeune fille qu’on violente facilement.
Elle dira d’ailleurs, bien plus tard, que c’était « la chanson la plus sexiste qui soit ».
Nous sommes en 1961. Ça passait crème.
Aujourd’hui, Ferré aurait probablement le monde entier contre lui.
Il n’aurait peut-être pas détesté.
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