Lost in translation
J'aime les rencontres.
Amicales, amoureuses ou simplement sociales. Ce moment où, sans trop savoir pourquoi, deux êtres se connectent m'a toujours fascinée.
J'aime donc les films qui racontent ça.
Souvent, il ne s'y passe pas grand-chose.
Et pourtant, ce sont parfois des moments suspendus.
Lost in Translation commence assez mal pour le moral.
Tokyo. Un hôtel immense. Deux solitudes. Des couleurs froides. Bill Murray qui s'ennuie, Scarlett Johansson qui ne va guère mieux.
Tout semble programmé pour deux heures d'angoisse sous antidépresseurs.
Et puis ils se rencontrent.
Ils parlent. Ils boivent un verre. Ils se promènent. Ils rient.
Presque rien.
Sofia Coppola ne leur invente même pas une grande histoire d'amour. Elle fait mieux : elle leur offre quelques jours où chacun se sent un peu moins seul.
Et ce film qui semblait vide se remplit doucement de quelque chose qu'on ne sait pas très bien nommer.
À la fin, il lui murmure quelques mots à l'oreille.
Nous ne les entendons pas.
Ça m'agace toujours autant.
Mais finalement, peu importe.
On était partis pour un moment de déprime.
On vient d'assister à un moment de grâce.
