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Je suis Emma Bovary, et j’ai une réputation épouvantable.

On me juge, on me critique, on me condamne, mais qui m’a proposé de m’expliquer, de me justifier, hein ? Personne. Alors voilà, je vais dire ce que j’ai sur le cœur.

Je le reconnais, j’ai lu trop de romans. Au couvent, on nous laissait des histoires de chevaliers, de bals, de passions qui tuent. J’y ai cru. C’est tout de même un peu la faute des livres, non ?

Et puis on m’a mariée à Charles, quand je rêvais d’un beau chevalier.

Charles est gentil. Je le dis tout de suite, parce qu’on va encore m’accuser d’injustice.

Charles est gentil, Charles est médecin, Charles mange sa soupe en faisant du bruit et Charles s’endort après le dîner. Charles m’aime. À sa façon, c’est-à-dire une façon poireau-pomme de terre. Nous vivons à Yonville où il ne se passe jamais rien.

Charles, j’ai commencé à l’admirer un peu lorsque j’ai cru qu’il serait un magicien dans sa partie. 

Il a opéré le pied d’un pauvre garçon d’écurie. Lui et ce crétin de pharmacien étaient formels: le garçon allait marcher normalement. Il a fallu amputer la jambe.

C’est à partir de là que j’ai vu mon mari tel qu’il était : médiocre. Et j’ai décidé de vivre comme dans les livres. Libre. Je savais qu’on allait jaser. À Yonville on jase beaucoup. Je m’en fichais, je n’allais pas me sacrifier. J’avais décidé de vivre pour moi et contre tous ces rabougris.


Il y avait déjà Rodolphe. Très beau, très sûr de lui, très doué pour les promesses. Nous devions partir ensemble. Il m’a envoyé une lettre d’adieu dans un panier d’abricots.

Quel salaud.

Puis il y a eu Léon, plus jeune, plus timide. Avec lui, au moins, c’est moi qui menais.

Et pendant ce temps, un marchand très aimable me vendait des étoffes, des rideaux, des bricoles ravissantes. À crédit, bien sûr. Il était toujours d’accord pour attendre.

Je savais bien que j’étais sur une pente et que je risquais de ne plus rien contrôler.

Je n’ai plus rien contrôlé quand ce méchant marchand a exigé les paiements tout de suite. C’était impossible. 

Et je me suis retrouvée seule, tellement seule et déçue.

Être une femme libre et romanesque au dix-neuvième siècle, c’était pas simple.


Vous connaissez la fin. Je ne vais pas vous la raconter, c’est assez déprimant comme ça.

Ce qui m’agace, en revanche, c’est la suite.

Monsieur Flaubert a eu un procès pour m’avoir inventée. Il l’a gagné, et le livre s’est vendu comme des petits pains.

Il aurait même dit « Madame Bovary, c’est moi ». Paraît-il. Facile, quand on n’a pas avalé l’arsenic.

Homais, le pharmacien, ce bavard insupportable, a reçu la Légion d’honneur.

Et moi, j’ai eu droit à un mot dans le dictionnaire.

Le bovarysme.

Un nom de maladie.

Mesdames, avant de me juger, une petite question.

Vous n’avez jamais rêvé, vous, d’une autre vie, en regardant votre mari s’endormir devant la télévision ?


Emma Bovary se défend

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Les trois arcs de Fanny : les livres, les films, les chansons

ENTREZ.....

 

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Il existe des cabinets de curiosités.

On n’y entre pas par hasard.

On y entre parce qu’on cherche quelque chose qu’on ne saurait pas encore nommer.

Les détours de Fanny, c'est cela : un cabinet de curiosités qui mêle littérature, chansons, cinéma, d'une même passion.

 

Imaginez un héros de roman qui vient apporter son avis, la redécouverte d'un film, d'un livre oubliés, le sens caché de certaines chansons ou simplement sentir à nouveau des chansons d'atmosphère...

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Revenez quand vous voulez. Chaque semaine, il y a du nouveau : des chroniques, des films, des chansons, et des personnages de roman qui ont enfin décidé de donner leur version.

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