Ma nièce s'appelle Camille. Voilà, c'est dit. Je l'aime beaucoup. Bon, j'arrête ici les confidences.
Elle m'invite à prendre un thé et, en me servant, se met à chanter Happy Birthday.
- Mais ce n'est pas mon anniversaire !
Elle rit et me tend « L'Anniversaire », de Liane Moriarty.
Je lui avais dit que j'aimais bien cette autrice. Alors forcément…
J'avais lu « Petits secrets, grands mensonges ». La première partie m'avait beaucoup amusée, la deuxième beaucoup ennuyée.
Revenons à cet anniversaire.
Une île au large de Sydney, une maison en héritage, un bébé abandonné autrefois, deux vieilles dames et une famille qui a fait de ce mystère un petit commerce. Moriarty ouvre les placards. Il y a du monde dedans.
Des femmes surtout. Des mères, des filles, des soeurs. Elles s'aiment, se jalousent, se mentent, se supportent. Les hommes passent au milieu comme ils peuvent.
Et Moriarty fait ce qu'elle sait faire de mieux : elle regarde les gens de travers. Une phrase, une petite vacherie, un ridicule attrapé au vol. C'est souvent drôle et parfois très juste.
L'intrigue ? Elle se promène. Beaucoup. Moriarty ouvre une porte, en oublie une autre, revient chercher son sac, repart par la fenêtre. Curieusement, cette fois, ça ne m'a pas agacée.
Parce que le vrai mystère n'est peut-être pas celui du bébé abandonné. Ce sont ces familles qui passent leur temps à se cacher des choses et qui, malgré tout, restent des familles.
Ce n'est pas profond. Ce n'est pas bouleversant. Mais c'est vivant, malin… et trop long. Liane est bavarde de la plume.
Camille a eu raison de me l'offrir. J'ai passé un bon moment.
Mais là, un doute m'étreint : j'ai aimé le livre ou le geste de Camille ?
